NANTES:Les gens de la rue se réfugient dans le gymnase

Publié le par MAVERICK


 fait grand froid, alors, à Nantes, on ouvre une salle avec des lits de camp. Des hommes et des femmes y sont accueillis depuis hier soir, et jusqu'à jeudi.

Incrédule, il jette un oeil autour de lui. Des rangées de lits de camp. A droite, un coin réservé aux femmes. « On se croirait en état de siège. On est entourés de pompiers ». Il s'agit en fait de bénévoles de la protection civile. Abdel a 40 ans et passera sa première nuit dans le gymnase Émile-Morice, sur l'île de Nantes. « Je suis en galère depuis deux jours et j'ai appelé le 115. Aujourd'hui, même une chambre en foyer, c'est devenu du luxe ».

 

Dehors, les températures dégringolent. Alors, c'est sûr, mieux vaux être dans un gymnase. La chambre d'hôtel, il l'a payée déjà plusieurs fois. Plus de femme, plus de travail... et une recherche de logement qui n'aboutit pas. « J'en ai encore visité deux ou trois. Je touche les Assedic et je peux avoir un garant. Et bien non, ça ne suffit pas, fulmine Abdel. Alors je suis obligé de passer par là. D'appeler le 115, d'aller dans l'urgence. Avant d'accéder à l'étage supérieur quand notre dossier n'est plus seulement un numéro. Tout ça est absurde. Un SDF moi ? Au niveau de la loi, oui. Mais c'est une épreuve qui sera courte »
Le gymnase peut accueillir jusqu'à 42 personnes
 qui seront prises en charge par les bénévoles de la protection civile.


« On ne résoud rien »

Un bénévole s'approche, lui annonce qu'un repas chaud est servi. Abdel sourit, Abdel soupire. Il ira à table, discutera un peu avec les autres. Ils sont une petite dizaine ce soir, orientés par le Samu social dans ce gymnase ouvert parce qu'il fait grand froid. En clair, c'est une question de degré. Cette salle est ouverte parce que la journée, les températures sont négatives et la nuit, elles frôlent le moins 5 °C. Si on gagne quelques degrés, elle sera fermée. « C'est bien, mais on ne résoud rien », insiste Abdel.

Un couple d'Arméniens préfère rester allongé. Ils sont emmitouflés dans leur blouson. Trop épuisés pour manger. Besoin de se reposer. Mohamed, lui, est un peu comme Abdel. Il s'est toujours débrouillé. Mais, la galère dure depuis trois semaines, des nuits à dormir chez les uns, chez les autres. Et puis le 115 et ce lit de camp. « J'ai jamais dormi là-dessus. Mais la vérité, c'est bien. Car dehors on crève ». Il a presque 50 ans, une longue vie de labeur comme maçon derrière lui, à sillonner la France pour travailler. Et puis il y eu ce fichu problème de dos, la séparation conjugale. « Les foyers ? J'ai jamais connu. Je peux pas vivre comme ça. Je touche 900 € d'Assedic. Je peux quand même payer un loyer. » Alors, il court Mohamed, dans toutes les agences immobilières. Où la réponse négative est invariable. Tous les jours, il appelle ses enfants et il leur dit que tout va bien.

Dehors, les méchants

Dans le coin réservé aux femmes, elles sont deux. Jeunes, étrangères, frigorifiées Les jours précédents, elles ont dormi à la gare ou bien à l'hôpital. L'une est sans papiers, l'autre vient d'arriver de Guinée. Elles sont un peu rassurées ici. Par la présence de la protection civile. « Dehors, il y a des hommes méchants. »

Ici, des personnes en uniforme, dévouées. Comme ce jeune réparateur automobile qui vient d'arriver. Prêt à veiller toute la nuit avant d'aller au travail, demain à 8 h. « C'est aujourd'hui qu'ils ont besoin de nous. » En face de lui, un homme à la rue qui chantonne. « Société, société, tu m'auras pas »


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2009

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