Actus Nantaise * Les Rezéens coloriés sont dans la rue, samedi

Publié le par Maverick-Olivier

Les Rezéens coloriés sont dans la rue, samedi

L'incitation municipale à la débauche festive de couleurs, c'est samedi, à Rezé. La ville se fait patchwork déluré, six couleurs pour six quartiers.

« Rezé, c'est moche », déclaraient récemment les Rezéens à un sondeur. En ajoutant aussi sec et en substance que pour rien au monde, ils ne quitteraient leur ville. Rezé, commune sans centre-ville, sans rue, sans place de ralliement. Un patchwork de quartiers qui marchent en quasi-autonomie, sans relation plus que ça les uns avec les autres.

Plutôt que de faire semblant, plutôt que d'imposer un monument symbole, les élus ont fait le choix de développer cette vie de quartier. Convaincus que le bon vieux lien social reste finalement le meilleur remède au sentiment d'insécurité, et, sans doute, le rempart le plus efficace à l'incivilité, les élus ont finalement misé sur l'esprit de fête pour souder le petit monde rezéen. Plutôt que d'édifier un monument grandiloquent, c'est cette échelle de proximité, pensent-ils, qu'il faut encourager. La proximité entre voisins et voisines, la solidarité, entre nouveaux et anciens habitants, le bouillonnement associatif...

Tout au long du week-end, les Rezéens descendent tables, chaises et apéros pour partager des repas-pique-niques de fête avec les voisins. En couleur, une par quartier, six pour toute la ville

Rezé les couleurs a été monté de toutes pièces en 2002 exprès pour ça. La seule ville de l'agglo à ne s'être pas dotée de police municipale tente, depuis trois éditions, la prévention colorée. Utopie ? On notera quand même qu'en novembre, les émeutes ont épargné le secteur.

Le procédé festif est inédit, mais simplissime : il suffit de tirer au sort six couleurs pour chacun des six grands quartiers rezéens, puis de laisser le citoyen s'approprier à sa façon le rouge, jaune, bleu, violet, orange ou vert. Les habitants sont fortement incités à faire bloquer les rues pour y descendre les tables, chaises et apéros nécessaires aux pique-niques entre voisins. Seule contrainte : respecter la couleur attribuée, pour assurer les contrastes.

La première fois, en 2002, la lubie municipale avait suscité force commentaires goguenards des administrés à propos de l'injonction au carnaval multicolore. Dès la deuxième édition, en 2004, la sauce néanmoins commença à prendre, avec plus de soixante pique-niques recensés, des éclosions colorées et inattendues un peu partout dans la ville.

La tentative 2006, troisième du nom, sera décisive. « Pour l'instant, confie Jean-Yves Cochais, secrétaire général adjoint, c'est encourageant. On devrait dépasser les quatre-vingts pique-niques. Les premiers sont pour vendredi, les derniers, dimanche. »

Les services municipaux ont fait les premiers pas. Trois groupements d'artistes locaux ont été mis à contribution pour donner le top départ de colorisation des bâtiments (lire ci-dessous), des bourses aux projets colorés sont proposées aux habitants, des ballons et des kits de pique-nique bigarrés sont à disposition en mairie, etc.

Samedi soir, les six couleurs et leurs représentants se mêleront en arc-en-ciel sur la place des Martyrs, pour une méga soirée dansée. La musique pour faire la colle, avec, en tête d'affiche, Mory Kanté. Un gars lui aussi haut en couleur, dans son genre.

** maverick **

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