Nantes : Fin de nuit, la fête avec ou sans modération

Publié le par Maverick-Olivier

Édition du samedi 06 octobre 2007

Fin de nuit, la fête avec ou sans modération

Jeudi, la mairie a décidé de lancer son plan alcool. Quelques heures plus tard, une gigantesque fête étudiante envahissait le hangar. Virée en ville, à l'extinction des feux.

Minuit, méga tonus étudiant, la fête bat son plein. :Ludovic Failler

Minuit, méga tonus étudiant, la fête bat son plein

Le jour n'est pas levé. 5 h 30, le long des quais des Antilles, des grappes de jeunes regagnent à pied le centre-ville. « La putain de soirée », qui a fait venir de loin, s'achève à la boîte de nuit XXL du Hangar à bananes. Un méga tonus étudiants imaginé par 20 corpos. « Du jamais vu depuis les soirées pharma à la Beaujoire. On les a détrônés. » 3 500 pré-entrées à 10 €, avec deux consos, vendues en trois jours. Au pied du vestiaire, les yeux fatigués, la file s'allonge. Plus d'une heure d'attente.

 

Dehors, là où la discothèque prend ses aises en cet été indien, les banquettes reçoivent les premiers corps qui n'en peuvent plus. Depuis 5 h du mat', on ne sert plus de verres. À 7 € la conso, le budget étudiant est vite étriqué. Charlène, 18 ans, est encore assise sur les enceintes. « Une fois dépassé 20 €, on fait gaffe. » Méga tonus mais pas méga beuverie.

 

Place du Bouffay, une jeune fille commence sa nuit à même le sol, à côté un match de foot improvisé avec une canette de bière. Ambiance bon enfant. Il est 4 h 30, une équipe de jeunes attend le premier tram. Eux n'ont pas décroché le sésame pour le tonus. « On revient du bar dansant leTower. Un whisky coca à 6 €, bu à deux. » Pas de folie. Les Nazairiens Aurore et Raphaël découvrent la vie nocturne nantaise. « C'est cool. Même à cette heure-là, on rencontre du monde. »

Limite coma éthylique

Comme Lucie et Clémentine, assises sur les marches du théâtre Graslin, la soirée commence souvent par l'apéro partagé chez des copains. « On arrive rarement les mains vides. » Une bouteille, des bières ou du vin mais pas d'alcool fort. « Le but n'est pas d'arriver complètement pétées. On ressort vers minuit. » D'autres en revanche, ont sérieusement chopiné et arrivent déjà grisés dans les lieux de fête.

 

De l'autre côté de la Loire, les taxis tournent. Quatre, cinq, six jeunes s'y engouffrent... Ils préfèrent rentrer en bande. À chacun son truc. « Moi je reviens toujours à pied mais jamais seule. Et je fais toujours gaffe aux potes », annonce Charlène. Laura, 18 ans, le dit haut et fort : « Je ne laisse pas un copain raide prendre la voiture ! »

 

Au LC club, le staff du « Fever 2 », nom de baptême de la soirée, savoure le moment. « On est crevé mais tout s'est bien passé. Une fille est tombée du podium et un type ivre a été secouru », résume Damien Parmentier, grand manitou de la soirée. Les fêtes, ça le connaît. Sauf que les drames récents sont présents dans tous les esprits. « Des étudiants ont joué les agents de sécurité, des bénévoles ont distribué des éthylotests. On avait prévu des secouristes ou fait appel à Avenir santé côté prévention. » Pas question de ternir la java.

 

Dehors, des jeunes traînent encore. Ceux-là cuvent sur le bitume. Et au bout des quais, les agents de sécurité sont lessivés. « Pas de répit depuis minuit. Au moins quatre jeunes limite coma éthylique. Huit interventions de pompiers. Sans compter toutes les viandes saoules qui titubaient. » Et effectivement la proximité de la Loire n'arrange pas le décor. « C'est joli la nuit, mais quand on va pisser on met facilement un pied en avant. » Un pied ça va ! David a beau passer du temps à expliquer aux fêtards les dangers, peu comprennent vite, certains frappent. « À minuit, un jeune par terre, sous une voiture, ne pouvait plus se relever. Son portable à côté de lui. Il s'énerve quand je commence à lui parler. On fait quoi · Là, c'est vrai, un secouriste de la soirée est venu. Autrement, le coup de fil aux pompiers ou aux flics est inévitable. »

 

Les agents de sécurité, six ce soir, patrouillent le long des quais avec leurs chiens. Ils se sentent souvent débordés. « On doit avoir l'oeil partout et le lieu est immense. » Des barrières, des bouées, des filets... il manque certainement des équipements pour les soulager. Quoique « c'est aussi le monde de la nuit. Il faut relativiser, avec 4 000 personnes, on noircit vite un cahier d'interventions mais c'est minime ! »

 

Il est 7 h. Le hangar se vide. Deux jeunes, la tête lourde, trébuchent. « Et on va où pour la dernière bière · »

**Maverick**

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