Pas assez d'amendes.....
des policiers nantais rappelés à l'ordre
Une récente note de service critique l'activité de la brigade de circulation.
La raison du savon ?
Elle ne dresse pas assez de contraventions !
Dans une « note d'attention » sur l'activité de ce service (une douzaine de policiers) en date du 8 mai dernier, son supérieur direct, le commissaire principal responsable de l'ordre public et de la sécurité routière, lui reproche « le manque d'implication des personnels placés sous votre autorité directe » dans ses missions. À savoir « détecter et réprimer les comportements à risque, lutter contre la vitesse excessive, l'alcoolémie au volant et les comportements abusifs des conducteurs de deux-roues notamment ».
Seulement 314 amendes en avril
Que critiquent plus précisément les patrons de la police nantaise ? « La faiblesse de l'activité. » En clair, le peu d'amendes distribuées par cette équipe. « À ce jour, à l'examen des résultats du mois d'avril, il apparaît que seules 314 infractions ont été relevées d'initiatives » regrette le commissaire.
Et la sanction ne se fait pas attendre : le chef de service est invité à « mettre en place dès réception de la présente une évaluation individuelle de chaque fonctionnaire reflétant son activité en matière de contraventions et de délits routiers ». Une évaluation « à l'identique de l'existant à la brigade motocycliste urbaine ».
« Répression stupide »
Pour Bruno Cailleteau, du syndicat général de la police, « c'est encore l'illustration de la culture du résultat. Nos collègues n'ont plus la liberté de juger d'une situation, entre un chauffard et un automobiliste qui commet une faute par inadvertance. Il faut faire du chiffre et la conséquence, c'est la répression stupide » explique-t-il. Cet état d'esprit et cette « politique de quotas » inquiètent le syndicaliste : « Résultat, on se met la population à dos... ».
« Rien de choquant »
François Mainsard, le nouveau directeur départemental de la sécurité publique, réfute toutefois cette analyse. « Il n'y a là rien de choquant » estime-t-il : « Ce n'est pas une histoire de quotas. Chaque policier n'a pas un nombre d'amendes à mettre chaque jour ou chaque mois. Il s'agit simplement d'une analyse de notre tableau de bord, d'un bilan de l'activité jugé insuffisant. Il a fallu remettre des choses en place ». Quand à l'évaluation demandée, « c'est le principe de notation qui concerne tous les policiers ». Et, par ricochet, les automobilistes...

