« Il brûlait assis, sans un cri »
Les flammes ont réveillé l'hypercentre de Nantes,
boulevard Guist'hau.
Un SDF de 28 ans est grièvement brûlé.
Sixte et Marguerite déposent leurs derniers sacs sur le trottoir.
« Nous devons quitter notre appartement.
L'eau des pompiers l'a inondé. Il n'y a plus d'électricité. »
Leur père, Hervé Clamagirand, surgit dans l'embrasure de l'entrée, au n°10 du boulevard Guist'hau. Sac à dos à l'épaule. Cheveux en bataille. Joues rêches et traits tirés.
« Le bruit d'un voisin du dessus tambourinant à sa porte nous a réveillés, explique ce père d'une grande famille. Je suis monté au quatrième étage : de la fumée, des flammes, des arcs électriques partout. Un homme était assis par terre. Il ne bougeait pas, ne criait pas. Il brûlait. J'ai vidé un extincteur sur lui. Cela n'a pas suffi. Je suis allé chercher une couette et je l'ai jetée sur lui. Les policiers sont arrivés et l'ont descendu. »
Une soixantaine de pompiers sont intervenus peu après 6 h du matin, avec une vingtaine d'engins. Le boulevard Guist'hau a été bloqué par les policiers. Pagaille dans les rues à l'heure de l'embauche.
Le feu a pris dans les combles, aménagés en chambres et greniers.
« Un étudiant était bloqué chez lui. Un jeune couple a tenté de sortir. Ils sont montés sur le toit. Les pompiers sont parvenus à aller les chercher. »
Le couple, âgé d'une vingtaine d'années, a été transporté au CHU :
choqués mais indemnes.
En revanche, l'homme secouru par Hervé Clamagirand est très grièvement atteint :
brûlé sur près de 70 % du corps.
Il est âgé de 28 ans et serait sans domicile fixe. Il avait trouvé abri sous les toits pour la nuit.
« Je ne le connaissais pas. Je ne l'avais pas vu dans l'immeuble, reprend Hervé Clamagirand. C'était atroce à voir : ce corps en vie, mais immobile, avec les flammes sur le dos et pas un cri. »
Les policiers de l'identité judiciaire ont inspecté les décombres.
Le feu serait accidentel.
La victime pouvait avoir allumé une cigarette, peut-être une bougie.
L'enquête se poursuit.



